Les petites unités pour les fratries : la protection de l’enfance à hauteur d’enfant 

Quelques enfants, des chambres à investir, du temps pour jouer, des adultes plus disponibles. Avec ses nouvelles petites unités, l’OSE imagine un modèle au plus proche de la vie réelle dans une maison familiale.

Depuis la loi Taquet de 2022, l’obligation est faite de ne pas séparer les fratries lors d’un placement. Depuis, cette pratique de regroupement est une tradition à l’OSE. 

À la Maison Nathan Khaïat, « on ne fait pas “l’atelier pâtisserie” : on fait des gâteaux », sourit son directeur, Nelson Belfer. La nuance l’affirme : le quotidien n’a pas besoin d’être transformé en activité pour être éducatif.

Dans l’idéal, explique Arnaud Durieux, directeur du pôle enfance, une petite unité accueille six enfants. Lauréate d’un appel à projet de la Ville de Paris, l’OSE a ouvert la seconde unité Nathan Khaïat ouverte pendant l’été, six enfants de 3 à 15 ans, membres de fratries, vivent dans une maison organisée entre lieux communs et espaces de retrait.

Pour Marie-Nelson Judas, cheffe de service, cette échelle change d’abord la qualité du regard, parce qu’elle permet aux professionnels de consacrer davantage de temps à chaque enfant et de mieux comprendre ses besoins. « Dans les petites unités, lorsqu’un enfant ne va pas bien, il est très rapidement repéré. »

Le petit nombre permet aussi une plus grande souplesse dans la modulation des groupes : « Avec seulement six enfants, nous avons la possibilité de proposer davantage de suivis individuels. Avec deux éducateurs, il est beaucoup plus facile de constituer de petits groupes. Cela permet aux enfants d’avoir des espaces d’interaction plus privilégiés. »

Un modèle éprouvé et adapté aux besoins actuels

Ce modèle ne relève pas d’une approche théorique, il s’appuie sur une expérience déjà éprouvée puisque dès 2014, l’OSE en expérimentait le principe avec la MECS Gaby-Cohen, une microstructure destinée aux enfants souffrant de troubles psychiques.

Les ouvertures en 2025, de la MECS Nathan Khaïat dédiée en priorité pour assurer la continuité des liens fraternels, puis en 2026, de la MECS Judith Hemmendinger qui accueille principalement des enfants victimes de violences sexuelles intrafamiliales, ont confirmé l’intérêt de cette solution qui permet de répondre à des besoins spécifiques qui ne peuvent être pleinement pris en compte dans plus grands collectifs.

À l’OSE, une conviction guide ce modèle : plus un enfant est vulnérable et ses besoins complexes, plus il a besoin d’un cadre de vie adapté, qui lui laisse le temps de comprendre et de faire évoluer ses relations avec les adultes, mais aussi de se construire.

Retrouver le temps de l’enfance

L’accueil des frères et sœurs prolonge une tradition ancienne de l’OSE : préserver, autant que possible, les liens au sein des fratries. Ce choix s’appuie aussi sur la parole d’anciens enfants confiés, durablement marqués par la séparation. À Nathan Khaïat, des « week-ends fratries » permettent ainsi, chaque mois, de retrouver la dynamique propre à ces liens. Lorsque des violences traversent la fratrie, une autre organisation peut toutefois s’avérer nécessaire.

La petite unité cherche enfin à rendre aux enfants un quotidien qui ne soit pas entièrement absorbé par le placement. « Nous essayons au maximum de leur libérer de l’espace pour qu’ils aient le temps de jouer et d’avoir des temps à eux, pour eux », explique Marie-Nelson Judas. Elle n’efface pas les épreuves traversées ; elle donne à chaque enfant davantage de temps et d’attention pour se reconstruire. 

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