Canicule. Juin 2026.
Pas exactement le contexte dans lequel on imagine réunir près de 200 personnes dans un amphithéâtre de Sciences Po pour une Assemblée Générale.
Et pourtant.
Mardi soir, 23 juin 2026, adhérents, bénévoles, salariés, administrateurs, partenaires et amis de l’OSE ont répondu présents pour un rendez-vous pensé comme bien davantage qu’un exercice statutaire.
Car si une Assemblée Générale est, par définition, un temps de gouvernance, elle peut aussi être un moment de réflexion, de débat et de rencontre. C’est en tout cas l’ambition qui a guidé la conception de cette édition 2026.
Dès les premiers échanges, le ton était donné : il était question d’échanges, de réflexions au sujet des grands enjeux de notre époque, de ceux qui interrogent notre responsabilité collective et auxquels l’OSE tente d’apporter des réponses concrètes chaque jour.
Au fil de la soirée, les interventions se sont succédé en dessinant un même fil rouge : celui de la transmission, de l’engagement et de la responsabilité collective.
Cette question de la transmission était au cœur de la table ronde animée par la journaliste Myriam Encaoua, aux côtés de Laurence Rossignol, sénatrice et ancienne ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes, d’Agnès Buzyn, ancienne ministre des Solidarités et de la Santé, membre du Conseil d’administration et présidente du Conseil scientifique de l’OSE, et de Noémie Khenkine-Sonigo, directrice de la cellule d’écoute et de la plateforme de ressources sur les violences sexuelles subies par les enfants.
Comment comprendre la multiplication des révélations de ces derniers mois ? Comment mieux prévenir ? Comment accompagner les familles ? Comment soutenir les professionnels confrontés à ces situations ? Autant de questions qui traversent aujourd’hui la société française et qui résonnent profondément avec la mission historique de l’OSE : protéger les plus vulnérables et accompagner ceux qui les entourent.
Cette même préoccupation traversait le discours d’ouverture de Sarah El Haïry, Haute-Commissaire à l’Enfance qui mettait en lumière le fond des échanges de la soirée : « Tout cela est une histoire de regards. Les regards que l’on porte sur les vulnérabilités, sur les enfants, sur la dignité. »
La transmission s’est également invitée dans les prises de parole du président de l’OSE, Arié Flack, du directeur général Éric Ghozlan, des administrateurs de l’association et du Grand Rabbin de France, Haïm Korsia, revenu sur les enjeux d’évolution du judaïsme français.
Cette transmission, elle a pris une autre forme lorsque la musique est venue suspendre le temps quelques instants, comme pour rappeler que la culture se dessine comme une mémoire vivante qui continue de nous relier les uns aux autres.
Elle était enfin au cœur de la projection de plusieurs films réalisés par l’OSE, notamment celui autour du projet Faire entendre la voix des Juifs de l’exil, l’un des travaux de recherche et de mémoire les plus emblématiques portés aujourd’hui par l’association. À travers les récits des Juifs d’Égypte et d’Afrique du Nord accompagnés par l’OSE à leur arrivée en France après-guerre, ce projet éclaire une page méconnue de notre histoire tout en faisant écho à des questions toujours actuelles : l’exil, l’accueil, l’intégration et la reconstruction.
Il y eut aussi les conversations qui se prolongeaient dans les couloirs, les retrouvailles, les sourires échangés entre générations, les discussions passionnées autour d’un sujet ou d’un projet. Cette atmosphère particulière qui naît lorsque des personnes venues d’horizons différents se découvrent une même volonté d’agir.
« Nous avons voulu casser les codes des Assemblées générales que nous connaissions depuis des années. Trouver un lieu différent. Imaginer un programme différent. Organiser un débat. », a souligné Arié Flack dans son discours de clôture.
L’OSE a plus de cent ans. Pourtant, en écoutant les échanges d’hier soir, il était difficile de la voir comme une institution figée dans son histoire, mais à l’inverse, plutôt telle qu’elle est aujourd’hui : une association en mouvement, attentive aux mutations de la société, fidèle à ses valeurs mais résolument tournée vers l’avenir.
Merci à toutes celles et ceux qui ont contribué à faire de cette soirée un moment chaleureux, exigeant et profondément vivant.
Rendez-vous l’année prochaine pour continuer à écrire ensemble cette histoire.


