Exposition « sauver les enfants » : une belle inauguration à Toulouse


Mercredi 30 mai 2012 à midi, l’exposition « sauver les enfants, 1938 – 1945 » a été inaugurée dans un lieu magnifique, l’espace muséographique Georges Baccrabére de l’Institut Catholique de Toulouse. Beau retour de l’histoire puisque le réseau clandestin de l’OSE a été testé à Toulouse avec la contribution de Monseigneur Saliége, Archevêque de Toulouse, l’un des premiers prélats à venir au secours des juifs persécutés.

Lors de cette inauguration, la délégation de l’OSE conduite par Jean Francois Guthmann, Président, et Roger Fajnzylberg, Directeur Général, a été accueillie par Monseigneur Pierre Debergé, Recteur de l’institut, Monseigneur Robert le Gall, Archevêque, et Pascale de Lajartre, Directrice du lieu. Etaient également présents le Rabbin Matusof, Yvan levy, Président du FSJU Sud Ouest, et Nicole Yardéni, Présidente du CRIF régional. Près de 100 personnes ont assisté à cette cérémonie, clôturée par notre ami, Ephraim Téitelbaum, Délégué Régional du FSJU, qui a transmis les messages de Pierre Izard, président du Conseil Général Haute-Garonne et de Martin Malvy, Président du Conseil régional Midi Pyrénées.
Un peu plus tard dans l’après midi, Pierre Cohen, Maire de Toulouse a prononcé à l’occasion de la réception donnée pour l’OSE au Capitole dans la jolie salle Gervais un discours émouvant et juste sur l’histoire et le rôle de notre organisation. Deux beaux moments qui augurent d’une belle réussite des événements du centenaire en régions.

Enfin, Jean-François Guthmann et Roger Fajnzylberg ont rendu hommage aux victimes de la tuerie de Toulouse  en se rendant à l’école Ozar Hatorah en présence du délégué régional, Ephraim Téitelbaum.

La SNCF s’engage aux côtés de l’OSE pour son Centenaire


Un accord de partenariat entre la SNCF et l’œuvre de Secours aux Enfants a été signé vendredi 11 mai au siège de l’association par Jean-François Guthmann, Président de l’OSE, et Bernard Emsellem, Directeur Général Délégué Ecomobilité à la SNCF.

Cet accord stipule que la SNCF accompagne financièrement l’OSE dans l’ensemble des manifestations de son Centenaire. C’est un précieux soutien pour l’OSE qui durant l’année 2012 organise de nombreux événements culturels (expositions, concert…) à Paris et en province mais également dans de nombreux pays d’Europe ainsi qu’aux Etats-Unis. Prochaines dates : un colloque historique à l’Ecole Militaire le 11 juin et un rassemblement sur la Pelouse de Reuilly le 1er juillet.

Cette initiative s’inscrit dans une démarche résolument citoyenne qui est celle adoptée par la SNCF depuis plusieurs années.

(Photo Alain Azria)

Reportage sur le centre Joseph Weill de l’OSE diffusé sur France 5

Une équipe de journalistes du Magazine de la Santé s’est rendue au centre Joseph Weill de l’OSE fin avril pour réaliser un sujet sur les jeunes Alzheimer. Notre association est, en effet, à la pointe dans ce domaine. Le reportage « Alzheimer : quand la maladie est précoce » a été diffusé le 23 mai à 13h45 sur France 5 dans le Magazine de la Santé.

 

Personnes interviewées au sein de l’équipe médicale de l’OSE :

  • Paul Benadhira – Directeur des Accueils de Jour de l’OSE
  • Marc Cohen – Médecin Gériatre – Directeur du Pôle Autonomie Santé de l’OSE
  • Jennifer Edery – Psychologue clinicienne
  • Blandine Clause – Art Thérapeute
  • Jennifer Dumas – AMP
  • Melisa Kemel – Stagiaire psychologue

 

Pour en savoir plus sur le centre Joseph Weill.

Pour voir (ou revoir) le sujet du Magazine de la Santé.

 

« Les P’tits bouts de Paris » exposés au Café des Psaumes

Six enfants du centre socio-éducatif Vivette-Samuel ont participé au projet culturel « Les P’tits bouts de Paris ». Cet échange artistique est encadré par l’artiste-plasticienne Roxane Stroobant, l’initiatrice du projet. A mi-chemin entre la photographie et l’illustration, les œuvres des enfants seront exposées à partir du 13 mai au Café des Psaumes.

Service de milieu ouvert de l’OSE, le Centre socio-éducatif Vivette-Samuel accueille des enfants de la naissance à 18 ans et certains jeunes majeurs (jusqu’à 21 ans). Outre le travail mené avec les familles et les enfants dans le cadre individuel, la pédagogie est renforcée sur des activités de groupe à visées scolaire, culturelle et artistique. Tous les ans, le centre élabore un projet d’envergure. Cette année, la directrice du service, Francine Kosmann a confié à Roxane Stroobant l’accompagnement de ce projet. Cette artiste plasticienne avait auparavant mené une expérience similaire dans une crèche du 18ème arrondissement de Paris. Ainsi, « Les P’tits bouts de Paris » permet à six enfants âgés de 5 à 10 ans, de revisiter la capitale par le prisme de la photographie et de l’illustration. « L’idée, c’est de valoriser les enfants par l’appropriation des espaces publics du 20ème arrondissement et aiguiser leur sens de l’observation, assure Roxane Stroobant, diplômée de l’Institut Supérieur des Beaux-Arts Saint-Luc de Liège en Belgique. « Après une balade dans le quartier, les enfants ont pu découvrir quatre techniques picturales : le pointillisme, le surréalisme, l’impressionnisme et la linogravure. Ayant pris des photos eux-mêmes, ils ont réinterprété leurs clichés par le biais d’un travail en commun et d’une approche personnalisée. »

Une porte sur l’imaginaire

Depuis le mois de janvier, Roxane Stroobant se rend chaque vendredi au Centre pour piloter le projet : « la combinaison de la photographie et de l’illustration développe considérablement la créativité et l’épanouissement de l’enfant. Cela nous amène également à redécouvrir Paris avec d’autres yeux. Cette approche me stimule beaucoup car les enfants se prêtent au jeu et   se sentent valorisés. Ils sont auteurs de l’œuvre au même titre que moi. »Les photographies seront accrochées par les enfants eux-mêmes au Café des Psaumes pour un mois. Rendez-vous  le 13 mai pour le vernissage !

A noter : Tous les visuels présentés dans le cadre de cettte action sont disponibles à la vente (cf. tarifs ci-dessous). Merci de votre soutien qui bénéficiera aux activités du centre socio-éducatif Vivette-Samuel.

Pour en savoir plus sur le travail de l’artiste : http://www.roxanestroobant.book.fr/galeries/les-p-tits-bouts/

Tarifs
11 cm x 15 cm 10 €
20 cm x 20 cm 50 €
30 cm x 40 cm 90 €
40 cm x 60 cm 120 €

 

Hommage à Gaby Cohen, ancienne de l’OSE, décédée lundi 30 avril


Jean-François Guthmann, Président de l’Oeuvre de Secours aux Enfants, Roger Fajnzylberg, Directeur Général, les membres du Conseil d’Administration, l’ensemble des salariés, les membres de l’Amicale des Anciens de l’OSE-France, ont la tristesse de vous faire part du décès, lundi 30 avril 2012, de Gaby (Niny) Cohen, résistante, femme engagée et rayonnante, qui fut, pour tous ceux dont elle eut la charge, une mère, une amie et une confidente. Agée de 89 ans, elle est décédée à Paris dans la nuit du dimanche à lundi. Un portrait d’elle sera exposé en sa mémoire au siège de l’OSE, au sein du centre Georges Garel. L’OSE  s’associe à la douleur de la famille et souhaite lui rendre un vibrant hommage en revenant sur  son parcours tout à fait exemplaire. Retour sur la vie de cette femme d’exception vue par katy Hazan, historienne de l’OSE.

 

« Elle s’appelait Gaby, ni  Gabrielle, ni Marguerite, elle fut surnommée Niny,
De sa petite enfance à Ingwiller, un petit village près de la ligne Maginot, elle se souvient de la petite école juive, rue de l’étoile. Elle se souvient également de l’institutrice qui la faisait rêver du Brésil.
Avec son amie Margot, elle se promenait déjà très élégante, chapeautée et en chaussures vernies sur le Banhholz, le shabbat après-midi.
Au moment de son adolescence, ce fut la guerre. Elle a passé le baccalauréat à Limoges avec le Mîme Marceau. Elle se souvient de l’enfant prodige qui était capable d’interpréter 15 personnages différents en déclamant la même phrase, qui remonte à sa mémoire, soixante ans après : « as-tu vu le chapeau vert de ma belle-mère, tout en haut du grand peuplier vert. »
Elle est impatiente d’agir Niny, alors, après les éclaireuses ainées de EIF, pour faire comme son cousin Pierrot Kaufmann, elle veut s’engager au secours des Juifs persécutés. Andrée Salomon de l’OSE lui conseille de suivre une formation. Elle passe son diplôme de jardinière d’enfants à l’école montessorienne de Melle Brandt à Vichy et se fait la main sur les enfants du personnel politique du Boulevard du Parc.
Et puis les choses se précipitent, elle est engagée comme éducatrice dans la maison d’enfants de stricte observance de l’OSE à Broût-Vernet dans l’Allier. Elle s’occupe des petits et tente de leur faire oublier les rigueurs de la guerre.
En 1943, elle entre dans le circuit clandestin de sauvetage d’enfants, Andrée Salomon lui confie des missions du côté de Nîmes, Béziers et Montpellier pour convoyer des enfants et porter les pensions ; A Sète, elle passe la nuit à la gare dans une cabine téléphonique, puis dans un hôtel louche rempli de soldats qui tambourinent à sa porte toute la nuit. Le reste du temps, elle est dans les trains, ou à bicyclette pour aller chercher les ordres à Limoges, ou à Chambéry.
A Lyon, il y a son amie de toujours Margot Cohn dont l’appartement  est un centre de ralliement pour les Juifs alsaciens qui veulent passer un shabbat dans les règles. Elle y retrouve les Néher, Jacqueline Dreyfus et bien d’autres. Mais  l’appartement sert aussi de lieu de rendez-vous pour la fabrication de fausses cartes d’alimentation qui sont lavées à l’eau de javel pour enlever le fameux J rouge et repassées consciencieusement.
A la Libération de Lyon, les deux amies décident d’ouvrir la première maison d’enfants de l’OSE, dans une petite villa d’ Oullins, près de La Mulâtière, louée avec leurs propres deniers. Elles ne voulaient pas que leurs « gosses » sortis pour les fêtes de Tichri, repartent dans les familles d’accueil. Ce ne fut pas du goût de la direction de l’OSE  qui y dépêche les Samuel, ainsi naquit « l’Irondelle ».

Elle était belle et rayonnante, Niny, comme un jour qui se lève.
Elle fut la Niny de chacun d’entre nous, ceux qu’elle a protégés, côtoyés, aimés.
Elle fut d’abord la Niny des Buchenwaldiens, « ses garçons » comme elle les appelait, et qu’elle défendait bec et ongles,  les petits d’abord, Izio, David, et tous les autres. Elie Wiesel  a écrit sur elle des pages émouvantes dans ses mémoires : « Niny ne le sait pas, mais Kalman et moi composons à sa gloire des poèmes enflammés et médiocres en yiddish. Innocents ? Oui. Platoniques ? Oui encore. Et pourtant l’attirance que nous avons ressentie pour elle me paraît aujourd’hui bien compréhensible : vivant entre garçons comment n’aurions nous pas été subjugués  par la présence de Niny, si féminine, si affectueuse ; Dès que je l’apercevais, mon cœur se mettait à battre violemment. Judith et Mireille sont fiancées, donc intouchables. Niny est seule, donc théoriquement approchable, « aimable ». Kalman l’aime, moi je l’aime, en fait tous les enfants l’aiment mais aucun n’ose l’avouer. »

Car Niny et Judith furent responsables du groupe des Buchenwaldiens les plus religieux qui partit au château d’Ambloy pour y vivre une vie juive complète. Pour eux fut ouverte la maison de Taverny qui existe toujours, puis celle de Versailles. Suprême coquetterie, elle n’a jamais voulu traduire leurs témoignages en yiddish écrits  dans son carnet rouge, pour en garder tout le mystère.
C’est encore elle qui s’occupa des enfants Finaly avant leur départ pour Israël.

En 1947, elle obtient une bourse pour une formation spécialisée de service social aux Etats-Unis. Elle en garda quelques anglicismes sonores, mâtinés de mots en yiddish qui se mélangent harmonieusement à ses pointes d’accent   judéo alsacien.
En rentrant, elle travaille au Joint, pour faire le lien entre les services sociaux de cette organisation et les organismes de protection de l’enfance en France, puis, au Fonds Social Juif Unifié, où elle occupe le poste d’assistante sociale chef, responsable de l’enfance jusqu’à sa retraite, en 1985.

Elle a reçu la médaille de la Légion d’Honneur en 2006.

« L’OSE a inculqué en moi une certaine éthique, le sens des responsabilités et le souci de l’autre », disait Niny.
Avec sa disparition, nous avons tous perdu une grande dame.  »

Katy Hazan