|
 |
(Grussenheim, Haut-Rhin, 1908 - Jérusalem,
1985)
Chef du service social de lO.S.E. (1940-1947),
poste où elle contribua à sauver de
la déportation un millier denfants
et organisa le sauvetage et lentretien de
plusieurs centaines dautres. |
Née
le 25 mai 1908 à Grussenheim (Haut Rhin) de Jonas
Sulzer et Marie Geismar, familles juives , installées
en Alsace depuis le XVIIeme siècle.
Elève à lécole juive de Grussenheim,
puis au Lycée de Colmar. Pensionnaire au Home
de jeunes filles de Strasbourg (1919-1927). Secrétaire
de Me Jacques Fonlupt, avocat à Strasbourg (1923-1931).
Créatrice, avec Robert Gamzon, Frédéric
Hammel et de nombreux autres jeunes gens, des Eclaireurs
Israélites de France en Alsace (1928). Membre
de la Jeunesse Sioniste (Hatikva). Epouse en 1931, Tobie
Salomon, ingénieur des pétroles. Membre
du Comité de Bienfaisance dAlsace où
elle accueille les réfugiés juifs dAllemagne,
puis, à partir de novembre 1938, les enfants
évacués dAllemagne après
la Nuit de Cristal. Dirige en 1939-1940 la colonie de
Burbach (Vosges), évacuée à la
Bourboule, puis dans les maisons de l'O.S.E. du Limousin
et en Dordogne.
Repliée
à Clermont-Ferrand avec son mari, refuse de partir
aux Etats Unis et collabore avec la Commission Centrale
des Organisations Juives dassistance, dirigée
par le Grand Rabbin René Hirschler, puis avec
lO.S.E. Nommée chef du service social (1941),
prépare les dossiers démigration
des enfants en partance pour les Etats Unis et organise
laide aux familles internées dans les camps
de Vichy de la Zone Sud. Elle recrute les « internés
volontaires » qui acceptent de vivre dans les
camps pour organiser la vie matérielle, sociale
et morale des internés démunis de tout.
Principale collaboratrice du Dr. Joseph Weill qui dirigea
le service de santé de lO.S.E., Zone Sud,
elle obtient la création des « congés
non libérables » qui permettent la sortie
provisoire des adultes et les « certificats dhébergement
» pour les enfants placés dans les maisons
de lO.S.E. de la Zone-Sud, dans des institutions
spécialisées ou dans des familles. Elle
représente lO.S.E. au « Comité
de Nîmes » qui regroupe les organismes charitables
français et étrangers autorisés
à travailler dans les camps dinternements
(voir Histoire de lO.S.E., 1938-1947) ; elle contribue
ainsi avec Léon Gurvic, le Dr. Joseph Weill et
de nombreuses collaboratrices volontaires, telles Elisabeth
Hirsch, Ruth Lambert, Vivette Samuel, Ninon Hait, Jacqueline
Lévy, Simone Weil, Blanche Dreyfus, Renée
Lang (voir ces noms), à sauver près de
1200 enfants, en obtenant la confiance des familles
qui les confient à lO.S.E.
A
partir daoût 1942 et surtout après
novembre 1942, elle continue à assurer la façade
légale de lO.S.E. au sein de la 3e Direction
de lU.G.I.F., mais participe à lactivité
clandestine destinée à cacher les enfants,
sous le couvert officiel de lAide aux Mères,
organisme charitable catholique de Saint-Étienne
et dun faux passeport salvadorien ; elle collabore,
en particulier, avec lAbbé Alexandre Glasberg
et ses successeurs à la tête des «
Amitiés Chrétiennes ». Avec Georges
Garel et avec les responsables des autres organisations
juives de résistance ; elle obtient les faux
papiers nécessaires, laccord des filières
de passeurs et des organisateurs de convois pour faire
passer les enfants en Suisse et vers lEspagne.
Elle organise les réseaux de « visiteurs
» dans les institutions et les familles qui cachent
les enfants. Sa vie se passe dans les trains, les hôtels
et les cafés, ne faisant que de brèves
apparitions à Clermont-Ferrand, Bergerac ou Agnac
(Lot-et-Garonne), où vit le reste de sa famille
proche.
Après
la Libération, elle dirige la recherche des enfants
cachés, la réouverture des maisons denfants
quelle inspecte régulièrement et
la réorganisation du service social de lO.S.E.
à Paris. Elle préconise de nouvelles méthodes
pédagogiques, la formation de cadres et déducateurs,
la recherche dune doctrine fondée sur le
respect des sensibilités affectives et religieuses
des enfants.
En
octobre 1947, elle démissionne de lO.S.E.
pour revenir sinstaller à Strasbourg où
naît son fils Jean (1948), mais elle reste membre
du Conseil dAdministration. En 1951, elle sinstalle
à Paris avec son mari, nommé à
lEcole du Pétrole, transférée
de Strasbourg à Rueil-Malmaison. Elle anime avec
Julienne Stern, la W.I.Z.O - France et travaille aux
« Bons de lEtat dIsraël »,
organisme de placement de fonds.
En
1970, elle émigre avec son mari en Israël,
dabord à Omer près de Beersheva,
puis en 1979 à Jérusalem où elle
doit suivre un traitement régulier. Elle meurt
le 23 juillet 1985 à Jérusalem.
De
très nombreux témoignages, dont certains
ont été réunis en brochure par
son ami fidèle, Raymond Heymann, et des citations
dans tous les ouvrages traitant de la Résistance
juive, rendent hommage au courage, à lenthousiasme
communicatif et à lactivité inlassable
dAndrée Salomon qui, par modestie, refusa
toute décoration pour son activité durant
loccupation, alors quelle avait cent fois
risqué sa vie en bravant les autorités
de Vichy et la Gestapo. Son souvenir reste gravé
dans la mémoire de ceux qui lont connue
et admirée comme celui dune femme au caractère
affirmé, tournée vers les solutions davenir
tout en restant proche des problèmes quotidiens,
auxquels elle apportait toujours des solutions marquées
de bons sens et de réalisme.
|