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Avocat
d origine lituanienne, né à
Panevézys ( Panevège ), province
de Kaunas (Russie, aujourdhui Lituanie),
le 21 mai 1890, fils de Elie, ingénieur,
et de Marie Gurvitsch ; mort à Genève
(Suisse) le 6 novembre 1960. Secrétaire
général de l O. Z. E.
russe de 1917 à 1923 ; secrétaire
général de lUNION -
O.S.E. de 1923 à 1960 ; secrétaire
général de l O.S.E.
- FRANCE de 1934 à 1942. Vice-président
de lO.S.E. - SUISSE de 1946 à
sa mort. Secrétaire général
du comité unifié O.R.T. -
O.S.E. depuis 1925.
Né dans une famille juive bourgeoise,
Lazare Gurvic commença ses études
dans sa ville natale, puis à Saint-Pétersbourg,
à Odessa et à Mitau (Lettonie)
; atteint de tuberculose, il dut les interrompre
pour aller en sanatorium en Finlande. Elève
brillant, il obtint les diplômes nécessaires
pour forcer le « numerus clausus »
qui limitait sévèrement le
petit nombre détudiants juifs
admis dans les universités russes
et sinscrivit en 1909 à la
faculté de droit de lUniversité
de Dorpat dont il sortit en 1913 avec le
diplôme davocat ; il se passionna
aussi pour la politique , le sionisme, et,
en 1912, pour la médecine sociale
que lO.Z.E. naissante se proposait
de mettre en uvre pour les masses
juives pauvres de Russie.
Peut-être en raison de son militantisme
de gauche, il fut empêché de
sinscrire au barreau et entra dans
une maison dédition. Patriote,
il sengagea dans larmée
dès la déclaration de guerre,
en 1914, et fut envoyé dans le Caucase,
mais pas directement sur le front turc,
le gouvernement tsariste se méfiant
des juifs. En 1915, il obtint un congé
de longue maladie, par crainte dune
rechute, et se rendit à Saint-Pétersbourg,
puis à Moscou où il reprit
contact avec l O.Z.E. dont les responsabilités
étaient devenues très importantes
en raison des drames provoqués par
les retraites de larmée russe
en Pologne et dans les pays baltes (voir
Histoire de l O.S.E.). Il y occupa
immédiatement une fonction dirigeante
auprès des médecins fondateurs,
puis en devint le secrétaire général
en 1917, à la mort de lun dentre
eux, le docteur Frumkin.
Dès lors la personnalité de
Lazare Gurvic se confond avec celle de l
O.Z.E. , puis avec celles des différentes
structures de l O.S.E., crées
à partir des années 1920.
Travailleur acharné, excellent négociateur
et administrateur, il acquit peu à
peu une stature internationale, aidé
par sa femme, Olga Toumovski, juriste également,
fille de médecin, qui fut pour lui
une conseillère précieuse,
surtout en matière de protection
de lenfance, domaine où lO.Z.E.,
puis la future O.S.E., nallait pas
tarder à se spécialiser.
En octobre 1921, il obtint la nationalité
lituanienne, qui, pendant la seconde guerre
mondiale, lui fut dun grand secours,
et le couple quitta Moscou pour Kaunas où
fut créée l O.S.E- LITUANIE
; L. Gurvic devint également directeur
du département médical du
Conseil National juif de Lituanie . Peu
après, le gouvernement soviétique
provoqua la dissolution de l O.Z.E.
russe, dont la plupart des médecins
fondateurs émigrèrent à
Berlin. Gurvic les suivit pour organiser
en 1923 le congrès de Berlin qui
décida la création de lUNION
- OSE et dont il devint le secrétaire
général. Il créa alors
les filiales de l O.S.E. en Lettonie,
Pologne et Roumanie, collabora avec le Comité
Nansen pour les réfugiés et
la société Agro-Joint-OSE,
destinée à aider les colonies
agricoles juives en Russie.
En plus du travail médical qui sétait
mis en place dans les pays baltes et en
Roumanie, L. Gurvic reprit contact avec
les médecins qui avaient recréé
en Pologne une société identique
à l ancienne O. Z. E. sous
le nom de T. O. Z. . ; il créa aussi,
avec l O.R.T. lOrganisation
daide aux émigrants juifs dEurope
centrale ( EMIGRDIRECT ), un comité
unifié de soutien pour récolter
des fonds, dont il devint le secrétaire
général , et qui fut ensuite
transféré à Paris en
1935. Il organisa, en 1930 à Berlin,
la Conférence de l UNION -
O.S.E., sous la présidence dAlbert
Einstein , avec de nombreux médecins,
afin dunifier la politique et les
méthodes dintervention dans
les pays où l O.S.E. exerçait
son activité.
En 1932, lO.S.E. décida de
quitter Berlin, mais les fondateurs se séparèrent
: une partie des médecins vint à
Paris, où Gurvic les rejoignit ,
avec le Dr Brutzkus, et quelques autres
; le Dr Tchlenof sinstalla à
Genève où il fonda l
O.S.E. Suisse., tandis que Gurvic fondait
l O.S.E-FRANCE, dont le rôle
fut déterminant pour le sauvetage
des enfants juifs à partir de 1938
(voir Histoire de l O.S.E. ). , dont
Justin Godard ( voir sa notice ) devint
le Président d honneur et le
Dr J. Brutzkus le vice-président.
L. Gurvic organisa, en décembre 1934
à Paris, la 4° Conférence
de l Union O.S.E. , sous la présidence
du Dr Besredka, devenu président
du comité central de l UNION-OSE
( voir sa notice ).
Il fit approuver un nouveau programme dintervention
applicable en France, où la situation
des juifs émigrés et surtout
des enfants élevés dans des
taudis, était préoccupante
; il eut aussi à affronter les problèmes
posés par l immigration des
médecins allemands chassés
par le nazisme, puis , à partir de
1938, ceux des enfants allemands, autrichiens
ou tchèques envoyés en France
par leurs parents et que le Comité
central des Réfugiés, puis
le Comité Israélite, créé
à cet effet, confièrent en
partie à l O.S.E. , seul organisme
juif compétent pour les enfants.
L. Gurvic continua, dautre part ,
de rester en contact étroit avec
les filiales dEurope centrale, quil
inspecta en 1938 et 1939.
En 1940, L. Gurvic et une partie de l
O.S.E. quittèrent Paris pour Vichy,
puis Montpellier, doù il dirigea
le travail médical et social de la
zone sud , en collaboration avec une nouvelle
équipe de médecins, déducateurs
et dassistantes sociales, en majorité
dorigine alsacienne , dont le Dr Joseph
Weill et Andrée Salomon ( voir leur
notice ), qui jouèrent un grand rôle
dans le sauvetage des enfants des camps
dinternements .L. Gurvic représenta,
en particulier, l O.S.E. au comité
de Nîmes. Au printemps 1942, Joseph
Weill et lui se rendirent en Suisse pour
organiser laccueil des enfants qui
devaient passer la frontière, prévoir
le financement des structure clandestines
et alerter les responsables et les autorités
suisses sur le sort des juifs de France
; ils furent , de leur côté,
avertis de la mise en uvre de la «
solution finale ». Après leur
retour, prévoyant une fuite probable,
ils obtinrent du consulat suisse de Marseille
une autorisation d entrée «
non refoulable » ; celle des Guvic
date du 10 octobre 1942, avec la nationalité
soviétique, la Lituanie étant
rayée de la carte depuis 1939.
Les Gurvic quittèrent Montpellier
pour Vic-sur-Cère ( Cantal ), puis
pour Chambéry ; avertis quils
étaient recherchés, ils passèrent
la frontière suisse près de
Genève le 29 décembre 1942.
Internés pendant quelques jours,
ils furent libérés le 3 janvier
1943 et sinstallèrent à
Genève où L. Gurvic reçut
l autorisation de travailler le 9
février. Il collabora désormais
avec le Dr Tchlenof, à la fois pour
l UNION - O.S.E. , l O.S.E.
- FRANCE et l O.S.E - SUISSE, quil
représenta au Comité interconfessionnel
pour le sauvetage des enfants, et dont il
devint le vice - président. Il créa
à Genève un foyer daccueil
pour les enfants et rétablit les
contacts avec les branches de l O.S.E.
en Amérique latine, en Australie
et en Afrique du Sud. En septembre 1944,
il revint aider Georges
Garel à réorganiser l
O.S.E à Paris ( voir sa notice ),
mais résida désormais à
Genève jusquà sa mort.
Après la guerre, il tenta de remettre
sur pied les filiales détruites par
les nazis en Europe centrale, où
l O.S.E. avait pratiquement tout perdu,
immeubles, matériel sanitaire et
collaborateurs ; il se rendit en Pologne
et en Tchécoslovaquie en 1946, mais
également en Palestine. Il contribua
à fonder les branches de l
O.S.E au Maroc et en Tunisie , avec des
personnalités locales de grande envergure.
Il se préoccupa aussi de faire participer
l O.S.E. aux principales organisations
internationales, où il fut désigné
comme représentant l Union-
O.S.E : l Organisation mondiale de
la Santé, l UNICEF , le Haut-commissariat
aux Réfugiés, le Comité
des O.N.G. etc .Il créa aussi de
nombreuses branches de l Union - O.S.E.
à travers le monde, donnant à
cette organisation un caractère international
et une réputation defficacité
sans précédent, mais il connut
aussi de nombreuses difficultés pour
assurer un financement régulier aux
multiples institutions médicales
et sociales quil avait contribué
à mettre en place en Europe et en
Afrique du Nord.
Energique, opiniâtre et même
tenace lorsquil sagissait de
défendre les intérêts
de l O.S.E, , mais en réalité
de caractère affable et modeste,
Lazare Gurvic avait su faire la part entre
ses idéaux de jeunesse, comme intellectuel
juif russe, et les dures réalités
du travail médical et social quil
dut affronter en tant qu administrateur
; il y apporta des qualités de cur
auxquelles ses collaborateurs et ses nombreux
correspondants à travers le monde
ont rendu un hommage unanime lors de limposante
cérémonie du souvenir qui
eut lieu à Paris le 5 mars 1961.
(
Texte mis à jour en septembre 2001
)
Source
:
Bibliographie : « Lazare Gurvic,
In Memoriam »
Paris, Union-OSE, s. d. (1961), 94 p.
Dossier Gurvic aux Archives d Etat
de Genève.
Georges Weill - Conservateur général
honoraire du patrimoine .
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