Mise à jour du : 9/07/04
 
Le site del'OSE est soutenu par la Claims Conference
 
Grandes figures
Albert Einstein
 


Ulm, Allemagne, 1879
- Princeton, New-Jersey, Etats-Unis, 1955

Physicien d’ origine allemande, naturalisé suisse en 1900, puis américain en 1940. Il étudia d’ abord à Munich, puis prépara le concours de l’ école polytechnique de Zurich, où il fut admis en 1896 et où il fut l’ élève du mathématicien Hermann Minkowski, lequel développa ensuite la théorie de la relativité de son ancien élève. Entré comme ingénieur au Bureau des inventions techniques de Berne en 1902, il publia en 1905 les trois mémoires qui ont bouleversé la physique contemporaine sur la statistique du mouvement brownien, l’ effet photoélectrique fondé sur les quanta de Planck et la théorie de la relativité restreinte posant l’ équivalence de la masse-énergie.

Elu professeur à l’ université de Prague, puis de Berlin en 1913, il compléta ses recherches sur la gravitation et ordonna l’ ensemble de ses études dans sa théorie de la relativité généralisée, qui lui valut, en 1921, avec l’ énoncé de sa loi photoélectrique, le prix Nobel de physique. La montée du nazisme l’ obligea à quitter l’ Allemagne et, après avoir été tenté par Paris, où il fut élu membre de l’ Académie des sciences, il choisit d’ émigrer aux Etats-Unis en 1933, comme professeur à
l’ université de Princeton. Il put continuer à enseigner et poursuivre ses recherches sur les liens supposés entre la gravitation et l’ électro-magnétisme, assistant en même temps à la confirmation de ses premières théories avec la fission de
l’ uranium, obtenue en 1939 par les allemands Otto Hahn et Fritz Strassmann, tandis qu’ Enrico Fermi mettait en évidence l’ énergie colossale de la réaction de la désintégration en chaîne de ce métal.

Conscient du danger que représenterait une bombe atomique entre les mains des Nazis, Einstein avertit le président Roosevelt et fut ainsi à l’ origine du « projet Manhattan » qui permit aux Etats-Unis de réaliser les premières bombes atomiques, lancées sur Hiroshima et Nagasaki en août 1945. Effrayé du résultat, Einstein consacra le reste de sa vie à condamner l’ usage militaire de l’ énergie nucléaire.

Les engagements d’ Albert Einstein en faveur du sionisme dès l’ origine du mouvement, contre la guerre et contre les discriminations raciales sont bien connus : on lui doit également des essais philosophiques ou politiques : « Comment je vois le monde » ( 1934 ), « Pourquoi la guerre » ( 1933 ), en collaboration avec Sigmund Freud, et « Ideas and opinions by Albert Einstein » ( 1954 ) ; il publia aussi « About Zionism » ( 1930 ) et « The Arabs and Palestine » ( 1944) ; Il refusa cependant de devenir le second président de l’ Etat d’ Israël à la mort de Chaim Weizmann, en 1952.

Dés la création de l’ UNION -O.S.E, en 1923, Einstein accepta de devenir président d’ honneur de cette fédération, alors active dans les pays baltes, l’ Ukraine, la Roumanie et la Palestine. Ses archives, conservées à Jérusalem, contiennent quelques lettres et plusieurs rapports d’ activité qui permettent de combler certaines lacune dans l’ histoire de l’ O.S.E. des années de l’ entre-deux guerre ( voir la notice « Alexandre Besdreka » ). Cependant, elles gardent peu de traces de sa collaboration, parce qu’ il ne recopiait pas ses propres lettres ; on sait pourtant , par de nombreux témoignages et par ses écrits qu’ il prêta sans réserve son concours à toutes les campagnes destinées à recueillir des fonds, ainsi qu’ aux efforts de l’ O.S.E. pour venir en aide aux médecins allemands chassés par le nazisme. Il assista aux premiers congrès mondiaux de l’ UNION-O.S.E. et à plusieurs conférences, en particulier celle qui se tint à Londres pour l’ ORT et l’ OSE en 1925, avec la participation de Georges- Bernard Shaw et de lord Lionel Walter Rothschild. Un jour, il accepta , non seulement de prêter sa villa de Berlin pour organiser un concert donné par Arthur Schnabel au profit de l’ O.S.E., mais il joua lui-même du violon, instrument que, comme tout jeune allemand de famille bourgeoise, il avait pratiqué dans sa jeunesse ; une photo le montre encore à Princeton dans les années quarante, se produisant devant des journalistes…

On possède aussi de lui plusieurs déclarations rendant hommage à l’ œuvre de l’ O.S.E. Ainsi, dans son essai « Qu’est-ce qu’un juif ? », paru en 1933, Einstein avait défini le lien unissant les juifs depuis plusieurs millénaires comme étant, par dessus tout « l’ idéal démocratique de justice sociale, en accord avec l’ idée de solidarité et de tolérance entre les hommes » ; dans une réédition, parue peu avant sa mort, il ajouta un passage rappelant « souvenir des hommes et des femmes qui, il y a quarante ans de cela, ont conçu et donné vie à une organisation de secours telle que l’ O.S.E. ». Le 19 mai 1942, au moment où le JOINT et la section américaine de l’ O.S.E. cherchaient à obtenir 5 000 visas et affidavits du gouvernement américain pour permettre l’ émigration des enfants protégés par l’ O.S.E. en France, il écrivit à l’ UNION-O.S.E. : « je considère le sauvetage des enfants sans abri, qui autrement deviendraient des délinquants, comme un grand devoir national et je salue de tout cœur votre initiative. »

En 1953, il envoya un message au président d’ O.S.E -Amérique, Israël Veksler, pour le quarantième anniversaire de l’ association, qui plaçait l’ O.S.E à la première place des organisations « qui ont beaucoup fait pour soulager la détresse humaine. Le glorieux chapitre de l’ histoire de l’ O.S.E., au cours duquel cette dernière a sauvé des milliers d’ enfants de la barbarie nazie, les a arrachés des griffes de la mort et les aider à s’ intégrer à la vie normale, ne sera jamais oublié ».

L’ immense popularité d’ Albert Einstein n’ est pas seulement due à ses découvertes , qui ont radicalement transformé l’ histoire des sciences, au même titre que celles de Copernic, Galilée et Newton, mais aussi à leur conséquences sur la pensée philosophique, parce qu’ il démontra que le savoir scientifique n’ est pas une donnée immuable, et que le progrès consiste en une restructuration continuelle des connaissances face à l’ objet du savoir. Il fut aussi un homme généreux et profondément engagé dans la politique humanitaire, vertus morales qui s’ajoutent aux qualités intellectuelles de celui qui fut sans doute la personnalité la plus marquante du XX° siècle, au même titre que de Gaulle ou Churchill.

Sources :
Encyclopédies générales.
Joan Comay, Who’s Who in Jewish History, Londres, 1974.
L. Wulmann, notice en yidisch, dans “ In fight for the health of the jewish people”, New-York, 1968, p.253-255 ( traduite par Isabelle Nuk ).
Archives Albert Einstein, B.N.U. de Jérusalem, département des manuscrits, documents aimablement fournis par Mme Margot Cohn.

Georges Weill - Conservateur général honoraire du patrimoine .

 
{illustration
s}
© - ose-france/org   
117, rue du faubourg du Temple - 75010 Paris - Te: (33) 01 53 38 20 20- Fax: (33) 01 53 38 20 25 - webmaster: webmaster@ose-france.org