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Ulm, Allemagne, 1879
- Princeton, New-Jersey, Etats-Unis, 1955
Physicien d origine allemande, naturalisé
suisse en 1900, puis américain en 1940.
Il étudia d abord à Munich,
puis prépara le concours de l école
polytechnique de Zurich, où il fut admis
en 1896 et où il fut l élève
du mathématicien Hermann Minkowski, lequel
développa ensuite la théorie de
la relativité de son ancien élève.
Entré comme ingénieur au Bureau
des inventions techniques de Berne en 1902, il
publia en 1905 les trois mémoires qui ont
bouleversé la physique contemporaine sur
la statistique du mouvement brownien, l
effet photoélectrique fondé sur
les quanta de Planck et la théorie de la
relativité restreinte posant l équivalence
de la masse-énergie.
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Elu
professeur à l
université de Prague, puis de Berlin en 1913,
il compléta ses recherches sur la gravitation
et ordonna l ensemble de ses études dans
sa théorie de la relativité généralisée,
qui lui valut, en 1921, avec l énoncé
de sa loi photoélectrique, le prix Nobel de physique.
La montée du nazisme l obligea à
quitter l Allemagne et, après avoir été
tenté par Paris, où il fut élu
membre de l Académie des sciences, il choisit
d émigrer aux Etats-Unis en 1933, comme
professeur à
l université de Princeton. Il put continuer
à enseigner et poursuivre ses recherches sur
les liens supposés entre la gravitation et l
électro-magnétisme, assistant en même
temps à la confirmation de ses premières
théories avec la fission de
l uranium, obtenue en 1939 par les allemands Otto
Hahn et Fritz Strassmann, tandis qu Enrico Fermi
mettait en évidence l énergie colossale
de la réaction de la désintégration
en chaîne de ce métal.
Conscient du danger que représenterait une bombe
atomique entre les mains des Nazis, Einstein avertit
le président Roosevelt et fut ainsi à
l origine du « projet Manhattan »
qui permit aux Etats-Unis de réaliser les premières
bombes atomiques, lancées sur Hiroshima et Nagasaki
en août 1945. Effrayé du résultat,
Einstein consacra le reste de sa vie à condamner
l usage militaire de l énergie nucléaire.
Les engagements d Albert Einstein en faveur du
sionisme dès l origine du mouvement, contre
la guerre et contre les discriminations raciales sont
bien connus : on lui doit également des essais
philosophiques ou politiques : « Comment je vois
le monde » ( 1934 ), « Pourquoi la guerre
» ( 1933 ), en collaboration avec Sigmund Freud,
et « Ideas and opinions by Albert Einstein »
( 1954 ) ; il publia aussi « About Zionism »
( 1930 ) et « The Arabs and Palestine »
( 1944) ; Il refusa cependant de devenir le second président
de l Etat d Israël à la mort
de Chaim Weizmann, en 1952.
Dés la création de l UNION -O.S.E,
en 1923, Einstein accepta de devenir président
d honneur de cette fédération, alors
active dans les pays baltes, l Ukraine, la Roumanie
et la Palestine. Ses archives, conservées à
Jérusalem, contiennent quelques lettres et plusieurs
rapports d activité qui permettent de combler
certaines lacune dans l histoire de l O.S.E.
des années de l entre-deux guerre ( voir
la notice « Alexandre Besdreka » ). Cependant,
elles gardent peu de traces de sa collaboration, parce
qu il ne recopiait pas ses propres lettres ; on
sait pourtant , par de nombreux témoignages et
par ses écrits qu il prêta sans réserve
son concours à toutes les campagnes destinées
à recueillir des fonds, ainsi qu aux efforts
de l O.S.E. pour venir en aide aux médecins
allemands chassés par le nazisme. Il assista
aux premiers congrès mondiaux de l UNION-O.S.E.
et à plusieurs conférences, en particulier
celle qui se tint à Londres pour l ORT
et l OSE en 1925, avec la participation de Georges-
Bernard Shaw et de lord Lionel Walter Rothschild. Un
jour, il accepta , non seulement de prêter sa
villa de Berlin pour organiser un concert donné
par Arthur Schnabel au profit de l O.S.E., mais
il joua lui-même du violon, instrument que, comme
tout jeune allemand de famille bourgeoise, il avait
pratiqué dans sa jeunesse ; une photo le montre
encore à Princeton dans les années quarante,
se produisant devant des journalistes
On
possède aussi de lui plusieurs déclarations
rendant hommage à l uvre de l
O.S.E. Ainsi, dans son essai « Quest-ce
quun juif ? », paru en 1933, Einstein avait
défini le lien unissant les juifs depuis plusieurs
millénaires comme étant, par dessus tout
« l idéal démocratique de
justice sociale, en accord avec l idée
de solidarité et de tolérance entre les
hommes » ; dans une réédition, parue
peu avant sa mort, il ajouta un passage rappelant «
souvenir des hommes et des femmes qui, il y a quarante
ans de cela, ont conçu et donné vie à
une organisation de secours telle que l O.S.E.
». Le 19 mai 1942, au moment où le JOINT
et la section américaine de l O.S.E. cherchaient
à obtenir 5 000 visas et affidavits du gouvernement
américain pour permettre l émigration
des enfants protégés par l O.S.E.
en France, il écrivit à l UNION-O.S.E.
: « je considère le sauvetage des enfants
sans abri, qui autrement deviendraient des délinquants,
comme un grand devoir national et je salue de tout cur
votre initiative. »
En 1953, il envoya un message au président d
O.S.E -Amérique, Israël Veksler, pour le
quarantième anniversaire de l association,
qui plaçait l O.S.E à la première
place des organisations « qui ont beaucoup fait
pour soulager la détresse humaine. Le glorieux
chapitre de l histoire de l O.S.E., au cours
duquel cette dernière a sauvé des milliers
d enfants de la barbarie nazie, les a arrachés
des griffes de la mort et les aider à s
intégrer à la vie normale, ne sera jamais
oublié ».
L immense popularité d Albert Einstein
n est pas seulement due à ses découvertes
, qui ont radicalement transformé l histoire
des sciences, au même titre que celles de Copernic,
Galilée et Newton, mais aussi à leur conséquences
sur la pensée philosophique, parce qu il
démontra que le savoir scientifique n est
pas une donnée immuable, et que le progrès
consiste en une restructuration continuelle des connaissances
face à l objet du savoir. Il fut aussi
un homme généreux et profondément
engagé dans la politique humanitaire, vertus
morales qui sajoutent aux qualités intellectuelles
de celui qui fut sans doute la personnalité la
plus marquante du XX° siècle, au même
titre que de Gaulle ou Churchill.
Sources
:
Encyclopédies générales.
Joan Comay, Whos Who in Jewish History, Londres,
1974.
L. Wulmann, notice en yidisch, dans In fight
for the health of the jewish people, New-York,
1968, p.253-255 ( traduite par Isabelle Nuk ).
Archives Albert Einstein, B.N.U. de Jérusalem,
département des manuscrits, documents aimablement
fournis par Mme Margot Cohn.
Georges Weill - Conservateur général
honoraire du patrimoine .
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