Discours de Katy Hazan prononcé le 11 mai à Palavas-Les-Flots lors de la cérémonie organisée par la Mairie pour inaugurer une plaque en la mémoire d'une maison de l'OSE.
Monsieur le Maire, chers Amis, 

Au nom de Jean-François Guthmann, Président de l’OSE et en mon nom propre, recevez nos plus sincères remerciements pour cette cérémonie. Palavas-les-Flots : le joli nom d’une petite ville qui accueillit beaucoup de réfugiés juifs pendant la guerre. Palavas-les-Flots : un symbole pour beaucoup d’enfants juifs, le symbole de la liberté retrouvée après leur sortie des camps d’internement de Gurs et de Rivesaltes. Un peu de soleil et de ciel bleu au bord de la mer après la vermine, les fils barbelés et les craquements du vent dans les baraques de sinistre mémoire.

Mais revenons un petit peu en arrière : l’OSE, œuvre juive d’assistance est née à Saint- Pétersbourg en 1912, elle arrive en France en 1934 et suit les Juifs traqués. Sa direction fuit Paris en 1940 et s’installe à Montpellier après avoir placé des centaines d’enfants dont elle a la charge en Creuse, mais aussi à Boulouris-sur-mer et Saint-Raphaël. L’Hérault est un département refuge du fait de la bienveillance de la préfecture. On y délivre volontiers les précieux certificats d’hébergements qui permettent de sortir les enfants des camps.

Près de 350 enfants ont transités par Palavas-les-Flots et une trentaine de manière permanente. On sait maintenant que la première maison fut le chalet Belle Plage, loué par Monsieur Arnal, dit Le Solarium Marin et non la Villa Bianca, comme il est écrit dans les archives de l’OSE. Je remercie Anne Castillo qui, sur place, est allée avec obstination rechercher les traces de cette belle histoire.

En 1942, l’OSE cherche un endroit plus grand et s’installe à l’autre bout de la plage, à Saint Roch, route de Carnon. On connaît la suite : la rafle d’août 1942, les pensionnaires, tous enfants de Juifs étrangers, sont envoyés au camp d’Agde, l’infatigable assistante sociale de l’OSE, Sabine Zlatin, le sort grâce à l’intervention de ses amis de la préfecture. Puis, arrive novembre 1942, l’entrée des Allemands en zone sud, tout le groupe s’en va à Campestre. Le reste, je laisse le soin à d’autres de vous le raconter.

Monsieur le Maire, je vous redis toute la gratitude de l’OSE pour cette belle plaque au bord de la plage qui est là pour offrir au promeneur un petit morceau d’histoire, au cours duquel des gens de bonne volonté ont su se mobiliser pour dire non à la barbarie. Des gens haut placés, mais aussi de simples citoyens, qui ont su former une chaîne de solidarité pour sauver des enfants juifs, n’obéissant qu’à leur simple conscience d’homme. Merci à eux ou à leurs descendants, merci à vous tous. L’Histoire ne nous protège de rien, mais sans connaissance historique, le futur est désespérant. Merci d’y avoir contribué. 



Actualités juives, mars 2009
 
Deux spécialistes israéliens du soutien post-traumatique invités à Paris


Les Dr Rony Berger et Marc Gelkop tirent leur expertise en matière de soins post-traumatiques de leurs recherches couplées à une longue pratique sur le terrain en Israël et dans le reste du monde.
 
C’est dans le contexte de la recrudescence d’agressions antisémites constatées depuis début 2009 qu’Eric Ghozlan, Directeur du pôle Enfance à l’OSE, coordonne avec le SPCJ une cellule de soutien psychologique. Pour mieux former les psychiatres et psychologues de l’OSE en la matière, il s’est adressé à l’Institut de Victimologie présidé par le Dr Gérard Lopez et à deux experts israéliens de renom. 
Les Dr Rony Berger et Marc Gelkopf participent à de nombreux travaux et publications scientifiques avec, entres autres, l’université de Stanford pour l’un ou l’université de Haïfa pour l’autre. Ils sont tous deux membres de NATAL, Centre israélien établie en 1998 pour gérer le traumatisme national qu’engendre le conflit israélo-palestinien. Et qui provoque des syndromes post-traumatiques spécifiques dont la gravité avait été insuffisamment perçue auparavant. Ils affectent tous ceux qui sont touchés directement ou dont les proches sont touchés par des attentats suicide ou des faits de guerre. Des soldats en sont victime aussi. L’armée elle-même a repéré 25% de soldats traumatisés. Le phénomène est moins fréquent lorsque des appelés combattent car ils assument alors un rôle et, de ce fait, restent partiellement détachés. Mais il y a traumatisme, lorsqu’un appelé est insulté, doit contrôler une femme âgée qui pourrait être sa grand-mère, ou quand un réserviste est père de famille part au combat.[...] Organisé avec Eric Ghozlan, le cours qu’ils ont donné à la Salpetrière dans le service du Pr. Cohen devant 50 psychiatres a été très bien accueilli. Il se terminait par ces mots : « la meilleure prévention du post-traumatisme est la paix. »
H.K-L
Actualités Juives, février 2009
 
Les enfants de la chorale de Tsedek ont donné de la voix pour les travailleurs de l’ESAT Jules et Marcelle Lévy

 
Le mardi 10 février 2009, la chorale israélienne des enfants de Tsedek a offert un concert exceptionnel aux salariés handicapés de l’ESAT (Etablissement et Service d'Aide par le Travail) Jules et Marcelle Levy, au centre Georges Garel, siège de l’OSE à Paris. Ils sont soixante-cinq à fréquenter cet établissement médico-social situé dans le 12e  arrondissement de Paris, où ils effectuent un travail rémunéré qui leur permet d’acquérir une autonomie financière et une vie sociale épanouie.
La représentation a duré plus d’une heure et demie : de la variété israélienne aux chants hassidiques, le répertoire de la chorale tout comme les costumes et les chorégraphies, ont enchanté l’auditoire.
Avant de clore le spectacle par l’Hatikva, une dernière chanson vient résumer l’ambiance de ce moment magique et fraternel : « Hiné ma tov ou ma naïm, chévète ahim gam yahad ». Quelques mots en Hébreu que le Président de l’OSE Jean-François Guthmann viendra traduire sur scène pour exprimer son sentiment, « qu’il est bon et doux pour des frères d’être assis tous ensemble ».

Les époux Perrot et leur fille, « Justes parmi les Nations »

Qui sauve une vie sauve l’humanité toute entière

 

Le 6 avril dernier, à la mairie d’Aunay-en-Bazois, Marie et François Perrot ainsi que leur fille Marguerite ont été honorés - à titre posthume - comme Justes parmi les Nations pour avoir sauvé Serge Averbouh. 
La distinction a été remise à leurs Ayants-droit par Oren Bar El, Ministre Conseiller aux Affaires Economiques et Scientifiques près l'Ambassade d'Israël en France.

 

M. Serge Averbouh, M. Daniel Baudier, maire d’Aulnay-en-Bazois, M. Victor Kuperminc, du comité français pour Yad Vashem, M. Bernard Martin, conseiller général, M. Christian Paul, député de la Nièvre, M. le Comte d’Aunay, Mme Katy Hazan, historienne à l’OSE, ainsi que de nombreuses personnalités de la Nièvre et de la Communauté étaient réunies ce jour là pour saluer le courage de la famille Perrot et lui exprimer la gratitude du peuple juif.

 


En France, les trois quarts de la population juive doivent leur survie à des réseaux organisés, comme l’OSE, mais aussi à des personnes non-juives qui, en désobéissant aux lois de Vichy, n’ont pas hésité à mettre leur propre vie, et celles de leurs familles, en danger pour protéger les Juifs en fuite.

 

Comme ceux qu’ils ont sauvé, les Justes ont tous une histoire singulière. C’est pourquoi Katy Hazan a pris la parole pour raconter celle, exemplaire, de la mère de Serge Averbouh, sauvé par la famille Perrot. Enea Averbouh, assistante sociale à l’OSE, réussit à sauver de nombreux enfants juifs, aidée par des habitants de la Nièvre pendant ces années noires.

 

Allocution de Katy Hazan

« Jean François Guthmann, Président de l’OSE, Roger Fajnzylberg , Directeur général vous prient d’excuser leur absence à cette cérémonie de remise de médaille des Justes à la famille Perrot qui cacha Serge Averbouh.

Ils  regrettent d’autant plus vivement que l’OSE et les gens de cette région ont noué ensemble de belles histoires de solidarité.

Permettez-moi de vous présenter l’OSE, Société pour la Protection Sanitaire des Populations Juives, née à Saint- Petersbourg, dans la Russie tsariste en 1912.

Quand elle arrive à Paris en 1934, après un détour à Berlin où elle a comme Président d’honneur Albert Einstein, elle francise son nom et devient l’Oeuvre de Secours aux Enfants pour garder son patronyme OZE.

Elle se met au service des Juifs émigrés surtout en 1938, après la nuit de Cristal et ouvre 4 maisons à Montmorency pour plus de 350 enfants. Elle en ouvrira une douzaine dans la Zone Sud.

A la déclaration de guerre, la direction part à Montpellier et laisse à Paris un représentant, le professeur Eugène Minkowski qui va organiser, à partir de 1941, un circuit clandestin d’enfants permettant de mettre à l’abri plus de 600 enfants dispersés dans toute la zone occupée. Il était assisté d’une certaine Enea Averbouh qui n’est autre que  la maman de Serge.

C’est là que  la Nièvre entre en scène, l’OSE y cherche des familles d’accueil.

Déjà en septembre 1939, à l’annonce des bruits de guerre, le gouvernement avait mis en place un plan d’évacuation dans lequel chaque arrondissement de Paris était affecté à un département. Les familles du 12ème arrondissement étaient accueillies dans le département de la Nièvre.

La Nièvre est connue pour ses nourrices et ses familles d’accueil qui n’hésitent pas à cacher des familles juives de retour dans la région ; on en trouve à Premery, Lanty, Luzy.

Mais il y  a mieux.

Adjointe du Dr Minkovski à l’OSE, Enea Averbouh est également assistante sociale du Comité Amelot, un autre réseau juif. Elle dirige d’abord des patronages pour les enfants juifs restés à Paris, puis travaille au dispensaire de la rue des Francs-Bourgeois et, de fil en aiguille, cherche des caches pour sauver les enfants. 

Elle tisse des liens dans la région de la Nièvre et fait du porte à porte dans les mairies pour trouver des cartes d’alimentation pour les Juifs qui se cachent et qui ont du mal à survivre.

Justement, le secrétaire de la mairie d’Aulnay en Bazois répond présent et prend le risque de lui fournir les précieux documents à condition qu’Enea Averbouh mette en scène une agression. Ils imaginent ensemble un scénario : le brave homme se fait ligoter  et crie à une descente de résistants, en laissant le temps à Madame Averbouh d’emporter tout un paquet de cartes d’alimentation.

On crut ou on fit semblant de croire à cette histoire abracadabrante, l’important c’est que le secrétaire de mairie ne fut pas inquiété et qu’ Enea Averbouh put repartir avec son précieux matériel.

C’est d’ailleurs à Aulnay en Bazois que son mari et le petit Serge avaient trouvé refuge dans la famille Perrot qui est honorée aujourd’hui, pour leur attitude au printemps 1943.

Enea ignore tout, elle continue son travail clandestin, sous le couvert officiel de l’UGIF sans savoir qu’elle est  dénoncée dans un rapport secret remis au  Commissariat aux questions juives en mai 1943 :

« Une enquête, à condition qu’elle soit inopinée et menée par des policiers perspicaces, chez les Juifs Rabinovitch  et Averbouh, mettrait peut-être sur la voie de l’origine des ressources permettant le fonctionnement clandestin de l’OSE plus ou moins reconstituée.

Quelques mois après, en octobre 1943, elle est recherchée par la Gestapo. Elle avait eu le temps d’accompagner tout un groupe d’enfants de l’orphelinat de la Varenne dont il reste une très jolie photo, appelée les « enfants de la Nièvre ».

C’est tout naturellement ici qu’elle trouva refuge sous le faux nom de Mme Letourno. Après la guerre, elle continue à travailler à l’OSE

Cet exemple parmi tant d’autres nous montre combien des gestes d’humanité ont pu devenir des actes d’héroïsme. L’OSE par sa présence à cette cérémonie tient à manifester sa reconnaissance toute particulière à la famille Perrot, à toute la population d’Aunay en Bazois et à ses représentants passés et actuels. »


 
Osmose : le Journal de l'OSE
L'histoire pour patrimoine, la mémoire pour mission. L'histoire exceptionnelle de l'OSE est un patrimoine dont les équipes contemporaines se sentent dépositaires. L'association a une mission de mémoire qui reste vivante grâce aux initiatives menées par un service Mémoire et Histoire dynamique.
En savoir plus

30/08/2010
Les vacances séniors de l’OSE racontées par les participants de l\\\'été 2010

Cet été, l'OSE a
organisé un séjour
spécial sénior
à Belfort qui a pu
réunir 14
participants.
Ils nous racontent
leur expérience en
quelques mots.


22/07/2010
Les jeunes de l\'OSE France se joignent à la colonie de l\'OSE Italia

10 enfants et
3 accompagnateurs
sont ainsi partis
à Rosignano,
non loin de
Livourne en
Toscane.

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